Un courrier des parents d’élèves de la Vallée de Munster au recteur

dimanche 26 février 2012 | 20:45

La FCPE et la PEEP de la Vallée de Munster ont rédigé une lettre au recteur d’académie.

Munster, le 22 février 2012

Madame le Recteur,

Les associations de parents d’élèves PEEP et FCPE de la Vallée de Munster sont solidaires de l’action des enseignants contre la détérioration de l’éducation donnée à nos enfants. Nous voulons vous rappeler l’article 13 du Préambule de la Constitution de 1946 : « La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’Etat. » L’Education Nationale, instrument de formation des générations futures est démantelée. On supprime des « fonctionnaires » et les conséquences sont tangibles et immédiates.

Dans le premier degré :

• Ce sont des fermetures de classes avec une augmentation du nombre d’élèves par classe, de nombreux villages sont impactés et les suppressions se font, depuis plusieurs années, sans réelle corrélation avec le nombre d’élèves par classes.

• Un relèvement du seuil d’ouverture de classe.

• La suppression de postes d’enseignants des RASED (réseaux d’aide spécialisé) : on laisse donc au « bord du chemin » les enfants qui ont le plus de difficulté.

Dans le second degré :

•au collège : on change arbitrairement les critères de zone d’éducation, on peut donc mettre plus d’élèves dans moins de classes. Cela permet des suppressions de postes d’enseignants avec ce choix cornélien : supprimer la classe 4e alternance qui permettait que les enfants les plus en difficultés, ne soient pas en échec pour que les autres élèves ne soient « que à 29 par classe » : on laisse donc au « bord du chemin » les enfants qui ont le plus de difficulté.

•au lycée de la vallée, on supprime la série STG, seule filière technologique. Cette décision est un véritable déni de l’utilité de cette série technologique tertiaire et du travail réalisé par les équipes pédagogiques des classes de première et terminale STG. Vous avez vous-même pu le constater, en accordant le label « projet innovant » à certaines actions menées par ces équipes. Nous voulons également attirer votre attention sur les conséquences sociales et territoriales de ces mesures. La série STG a contribué depuis sa création à la démocratisation du système éducatif. Elle a permis à des élèves ayant des difficultés dans les matières générales de s’épanouir et de construire un projet personnel leur permettant d’accéder à l’enseignement supérieur. (Comme le montrent les données du ministère de l’Education Nationale, la série STG est davantage composée d’élèves provenant de milieux sociaux modestes que les filières générales) A terme, nous craignons pour l’avenir, voire la survie du lycée de Munster. On laisse donc à nouveau, au « bord du chemin » les enfants qui ont le plus de difficulté. Ces différents projets portent atteinte à la qualité du service public d’éducation sur un territoire rural déjà lourdement touché par la crise économique. Nous, parents d’élèves avons des craintes : nos craintes concernent la politique globale d’éducation menée depuis plusieurs années. Les mesures prises s’effectuent bien souvent au détriment des élèves, et ne sont motivées que par une simple approche comptable du service public et laïc d’éducation. Cette vision à court terme risque fort d’être contre-productive à l’avenir. Le choix est fait d’un service minimum d’éducation pour les élèves, choix de société contestable et économiquement dangereux à long terme. L’éducation est un investissement et, comme tout investissement, ses résultats se feront sentir à long terme. L’éducation de nos enfants est un service public. C’est aujourd’hui un service public en danger !

Nous demandons un moratoire de toutes les mesures prévues ! Nous vous remercions par avance de l’attention que vous réserverez à la présente et nous vous prions de croire, Madame le Recteur, à l’expression de nos sentiments distingués.


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